Texte LES MAINS DANS LES VIGNES ET EXCLUSIVEMENT
Christian Rogier fait partie de ces personnes qui attirent immédiatement la sympathie . Sa bonhomie souriante et sa gentillesse ne doivent pourtant pas faire oublier qu'il est d'abord un vigneron de caractère, avec de la suite dans les idées et quelques convictions bien ancrées sur son métier et sur le vin"Lorsque j'étais coopérateur dans les années 2000, dit-il je voulais absolument revenir aux vendanges manuelles. Mais à cette époque-là les cours étaient encore satisfaisants et j'étais le seul à penser comme ça..."
Alors Christian et son épouse Patricia décident donc de crée leur domaine : le château Tour des des Genêts voit le jour en 2004.
Aujourd'hui le domaine est rodé. Christian et Patricia ont constitué autour d'eux une équipe fidèle et professionnelle. D'abord des vendangeurs, les mêmes chaque année, certains travaillant en plus dans la cave toute l'année. Et puis surtout un oenologue Laurent Cornud, qui les suit, quasiment chaque jour en période de vendanges.
Un tri précis
"Il n'y a pas de miracle on n'est pas alchimistes" explique en choeur le vigneron et l'oenologue. "Pour faire un bon vin, il faut du bon raisin. C'est bien entendu une question de conduite de culture durant toute l'année, mais aussi une question de modalité de vendanges."
Car le propre des vendanges manuelles est de permettre un tri extrêmement précis des grappes qui rejoindront la cuve. Avec donc une inévitable baisse de rendement : en 2005, on jetait 10 % de grappes, en 2006 5%, et en 2007 quasiment rien. Mais cette année , c'est entre 25 et 30 % du raisin que l'on doit jeter, soit parcequ'il n'est pas assez mûr, soit parce que les pluies ont favorisé le botrytis, la pourriture du raisin."
Une telle vendange est donc trés onéreuse, de par ses rendements inférieurs, mais aussi parce qu'elle nécéssite une importante main d'oeuvre, difficile à trouver. "Et puis il y a aussi le manque de souplesse, explique Catherine Speich, oenologue du Syndicat des vignerons de L'AOC Ventoux. Les vendanges manuelles prennent beaucoup plus de temps que les vendanges mécaniques. Difficile d'aller donc en urgence récolter une parcelle qui est juste à la bonne maturité.
Le Chiffre 80 %
Dans l'appellation Ventoux, 80 % des caves au moins vendangent mécaniquement."Certaines font un mixage, elles mettent une équipe devant la machine, qui retire les grappes indésirables", explique Christian Rogier.
Pour le haut de gamme
Quelques caves particulières, ciblant le haut de gamme, ont aussi adopté les vendanges manuelles, un système qui donne au vin des arômes différents et qui permet l'usage de la macération carbonique. "La cave coopérative de Beaume de Venise pratique aussi la vendange manuelle", ajoute Christian Rogier. "C'est vraiment un choix mercatique, explique Catherine Speich. Comme c'est trés onéreux, c'est forcément pour des vins assez chers."
Reste que le prix des produits proposés par Christian et Patricia Rogier vont de 4.50 € à 8.50 € pour le haut de gamme. Leurs vins restent donc accessibles, ce qui leur permet d'être trés présents dans la grande distribution et à l'export.